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Vis ma vie de Manager… Avec Thomas Chardin, fondateur et dirigeant de Parlons RH

17 octobre 2022

Vis ma vie de Manager…

Avec Thomas Chardin, fondateur et dirigeant de Parlons RH

Ancien Directeur Marketing BtoB de Manpower, ex-Directeur Marketing en charge de la stratégie et des offres RH d’ADP, consultant RH chez Deloitte … Thomas Chardin a connu mille vies avant de fonder Parlons RH. Il accepte aujourd’hui de partager sa Vie de Manager. 

Un manager, c’est quoi ?

Bigre ! Voilà un exercice difficile. Le manager est tout à la fois un agent de liaison, un agent d’explication et un agent de mise en perspective. D’une certaine façon, le manager est un animateur de communauté, un trait d’union dont la mission consiste à entretenir l’énergie et à donner du sens. 

Les 3 qualités indispensables du manager ?

Je les décrirais par des mots-clés : l’altérité, l’envie et la confiance. L’altérité, c’est faire une place à l’autre en acceptant les différences comme un levier de performance. C’est aussi identifier l’essentiel commun qui nous rassemble : nous avons tous besoin d’être fédérés autour de l’action à mener ensemble. L’altérité est un socle qui permet de donner l’envie qui nourrit le sens de l’action. La confiance enfin. Le manager doit avoir confiance en lui d’abord. Confiance en ses équipes. Confiance dans le projet de l’entreprise. Mais la confiance naît de la relation. Le manager est à la relation ce que l’œuf est à la mayonnaise… Je l’ai dit, à mes yeux, le manager est un liant qui doit considérer l’interaction comme du temps gagné et non un coût à réduire. 

Votre plus grand défi de manager ?

J’ai un gros défaut. J’ai tendance à confondre persévérance et entêtement. Cette opiniâtreté dont j’ai conscience m’oblige à ne pas attendre des autres ce que j’attends de moi-même. Cela évite de s’inscrire dans une égalité de traitement qui n’est pas propice ou utile à l’épanouissement de chacun. Mon plus grand défi, c’est de marcher sur le chemin de crête de mes convictions tout en acceptant de laisser la place à l’autre tel qu’il est… Tout est affaire d’altérité, une fois encore !

People, Planet, Project : vous en êtes où ?

Je pense que nous sommes plutôt à la hauteur de l’enjeu People mais nous nous devons de tendre vers l’exemplarité. C’est un défi permanent. Nous avons par conséquent encore beaucoup de chemin à parcourir sur cet axe. Nous sommes une vingtaine de collaborateurs, une super Responsable des Ressources Humaines – Karine- vient de nous rejoindre et nous allons nous améliorer sur les axes sur lesquels nous sommes sans doute un peu en retard : la QVT, la formation et le développement des compétences. 

Sur l’axe Planet, nous avons la chance de graviter sur un secteur d’activité dont l’impact environnemental est limité. Nous sommes quatre jours par semaine en télétravail, nous n’avons pas de serveur informatique interne, et nous avons mis en place tous les écogestes indispensables comme un chauffage régulé ou comme le tri sélectif. Mais, là encore, l’amélioration est toujours possible et nous travaillons à un plan de sobriété encore plus ambitieux et consistant à couper purement et simplement le compteur électrique quand les bureaux sont vides. 

Sur l’axe Project enfin, notre culture est plutôt bonne, mais notre action s’inscrit dans une dimension de service. En substance, sur ces trois axes je dirais que nous acceptons nos imperfections sans jamais nous en satisfaire…

La place de la formation dans votre stratégie de manager ?

Je crois à l’exemplarité du manager. L’escalier se balaie toujours par le haut. À ce titre, il doit développer sa compétence de manière régulière. Nous sommes en train de bâtir un plan de formation à la fois plus solide, plus performant et surtout pluriannuel. Mon souhait, c’est que chaque collaborateur suive au moins une formation chaque année. Nous en étions loin. L’heure a sonné pour Parlons RH de passer de l’intention à l’action !  

Ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

Ce dont je tire la plus grande satisfaction, c’est dans la congruence des actions de l’équipe. Plus trivialement, je m’émeus de voir chacun jouer sa partition naturellement pour servir notre projet commun. Ces manifestations du collectif sont des instants de plénitude, car je deviens alors inutile. Lao Tseu le dit mieux que moi : « un leader excelle lorsque les gens savent à peine qu’il existe. Quand son travail est accompli, son objectif atteint, ils disent : on l’a fait nous-mêmes. » C’est ce que je pense et ce vers quoi je tends. Pour être manager, il faut une bonne dose d’abnégation. Mais, je suis donc obligé de l’admettre, devenir inutile est ce que j’aime le plus dans mon métier…

Votre meilleur souvenir de manager ?

Difficile de n’en retenir qu’un ! Je pense surtout à toutes les fois où un collaborateur décide de nous quitter (pour de bonnes raisons) et de grandir à l’extérieur de Parlons RH. Je vis alors un instant de plaisir bien sûr teinté de schizophrénie. Je suis heureux du chemin parcouru ensemble (et d’avoir contribué à son évolution) et triste de le voir partir. Mais rien n’est plus satisfaisant que recevoir l’e-mail d’un collaborateur qui me remercie de l’aventure vécue ensemble, alors que tout lien hiérarchique est aboli. Le statut de manager disparaît au profit de la seule relation entre individus. Ces messages sont pour moi des moments d’ineffable émotion, car, prétentieusement, ce succès du collaborateur, c’est un peu mon succès. 

Et si c’était à refaire ?

Fondamentalement, je ne voudrais rien revivre différemment. Si je devais nourrir un regret, ce serait celui de me sentir parfois incompris a posteriori. Je me souviens par exemple d’une collaboratrice qui m’avait taxé de misogynie parce que j’avais utilisé une image de Betty Boop pour la représenter. En fait, à l’époque, je ne comprenais même pas ce qui pouvait causer son émoi. Ma maladresse l’avait amenée à attaquer mes propres valeurs. J’ai vécu cela comme une injustice. Pourtant, avec le recul, je comprends que cela ait pu être mal interprété. Si c’était à refaire, je veillerais à être moins maladroit. 

De manière plus générale, je crois que si je devais repartir d’une feuille blanche, j’essaierais également d’être plus directif. J’ai fondé Parlons RH sur le dialogue et la concertation, au point parfois, sans doute, de me défausser de certaines de mes responsabilités sur cette concertation, peut-être par défaut de courage… L’art du consensus a ses limites. C’est là un axe d’amélioration que je dois creuser !

 

À propos de Parlons RH

Fondée en 2012, Parlons RH est une agence de marketing éditorial et social média dédiée à 100% à l’écosystème RH : DRH, prestataires, managers, organismes de formation, cabinets de recrutement et de conseil RH, éditeurs de solutions, associations RH. Entre média et agence marketing, Parlons RH accompagne les entreprises dans le développement de la visibilité et de l’image de leur offre RH dans les différents domaines des Ressources Humaines et du management : formation, évaluation, recrutement, rémunération, mobilité, succession, paie, gestion des temps, outplacement, coaching, communication RH, marque employeur, etc.

 

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