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Le manager durable dans sa dimension de leader

18 juin 2020

Une entreprise moderne est en évolution permanente et ses dirigeants sont soumis à de nouveaux challenges

  • Les changements sont importants, complexes et rapides
  • Une bonne partie des compétences à acquérir est de l’ordre de l’être et non plus du domaine technique

Le dirigeant en plus d’être compétent techniquement doit être capable de :

  • Gérer les processus d’alignement et de mise en cohérence de l’ensemble de l’entreprise
  • Définir les objectifs, les valeurs et les finalités de l’action

Il a la dimension d’un entraîneur d’hommes qui fédère une vision de l’entreprise et incarne ses valeurs et sa culture.
Le leadership, qui peut se définir comme la capacité à entraîner l’adhésion, constitue la base d’une performance durable dans des circonstances désormais très fluctuantes.
Etre capable de développer le leadership des dirigeants est donc une clé du développement des organisations.
Mais qu’elles sont, en quelques mots, les qualités fondatrices d’un leader durable ? La réponse semble tenir en quelques critères clés :

  • L’Inclusion
  • L’exemplarité
  • Savoir qui l’on est
  • Savoir mailler
  • La résilience
  • L’engagement sociétal
  • Donner du sens

L’Inclusion

C’est accepter la diversité sous toutes ses formes :

  • Mixité homme – femme,
  • Mixité générationnelle : senior et génération Y,
  • Mixité culturelle,
  • Mixité des compétences et des expériences….,
  • Ne pas cloner ce qui a marché hier, accepter l’incertain.

Le leader durable, construit à partir des différences de chacun, des organisations plus humaines, plus pragmatiques, plus vivantes.

L’exemplarité

En temps de crise, l’exemplarité est plus que nécessaire car la crise accentue la difficulté à vivre ensemble. Or l’exemplarité est le garant du lien social. On peut paradoxalement pardonner à des personnes qui nous font rêver (grands sportifs, artistes….), on ne pardonnera pas au leader qui se doit de nous confronter à la réalité.

Dans l’entreprise les managers sont confrontés à la dure réalité des faits et des contraintes : niveau d’exigence dans la performance, résolutions des problèmes humains… L’exemplarité a pris une dimension dramatique et sans précédent ces dernières années du fait du différentiel de statut et de revenus entre les cadres dirigeants et les exécutants. Une meilleure gouvernance, une fourchette de rémunération plus réaliste, la limitation des bonus sont certes des moyens puissants pour créer de la confiance, mais ils ne seront pas suffisants. La transparence, la prise en compte du rôle sociétal, les comportements moraux (non confusion entre les intérêts de l’entreprise et les intérêts personnels du dirigeant) sont certainement des pistes à explorer en priorité.

Cela ne remet pas en cause le fait que ceux qui prennent des risques au plan personnel et au plan financier, qui travaillent beaucoup et très bien, qui innovent, développent leurs entreprises et qui font progresser leurs employés méritent de recueillir les fruits de leurs initiatives. Ce sont eux qui tirent l’ensemble de la société vers le haut.

L’entreprise pérenne est, centrée sur les besoins réels des clients, respectueuse des hommes et au cœur de la cité. Elle bâtit ses fondations sur l’exemplarité du leader durable.

Savoir qui l’on est

Parfaitement se connaître et savoir fixer ses propres limites est un apprentissage permanent qui permet en pleine conscience de n’offrir aux autres que ce que l’on peut réellement leurs apporter. Se connaître n’est pas un jeu de rôle, c’est l’étape préalable qui permet une véritable volonté d’échanges, qui pourra être fructueuse pour les autres. Savoir qui l’on est génère de la confiance en soi, de l’humilité, on devient leader de soi-même et par effet miroir, leader potentiel pour les autres.

Le leader durable qui ressent ce souffle d’authenticité est capable de façonner constamment l’entreprise pour l’adapter en permanence aux situations rencontrées.

Savoir mailler

Savoir lier les hommes entre eux, sans chercher à les dominer, c’est construire un réseau humain qui constitue l’entreprise. Cela passe par une écoute active, une gestion acceptée des différences. Savoir mailler, c’est accepter la complexité et savoir en tirer profit autant pour soi que pour les autres. Plus l’entreprise est complexe, plus il est nécessaire de relier les hommes, et donc, plus le savoir faire relationnel est important. Relier les hommes n’est pas une fin en soi, c’est vouloir les rassembler autour d’une culture et de projets. C’est la véritable difficulté de l’exercice.

Le leader durable sait que faire gagner les autres, tous les autres, c’est faire gagner l’entreprise.

La résilience

La résilience est un terme issu de la physique qui désigne ‘ la capacité mécanique d’un matériau à résister à la rupture par chocs ‘. Par extension ce terme a été utilisé en psychologie et désigne un individu affecté par un traumatisme qui est doté d’une capacité de rebond. On parle aussi d’organisations résiliantes c’est-à-dire suffisamment souples et adaptables pour faire face au défis du temps. Un leader résilient sait s’engager et se désengager pour faire face aux changements. Changements concernant le plan personnel, ceci concerne par exemple : l’allongement de la vie active, carrière non linéaire,…. mais aussi changements impactant les organisations. Un leader résilient n’est pas seul, son réseau, ses tuteurs lui permettent de traverser une passe difficile avec bienveillance mais sans apitoiement.

Le leader durable sait se réinventer et réinventer les métiers de l’entreprise dans les périodes difficiles.

L’engagement sociétal

Le leader et son entreprise vivent historiquement pour satisfaire leurs clients et leurs actionnaires mais aussi leurs employés et l’écosystème (fournisseurs, partenaires, collectivités …). Les responsabilités sociales, humanitaires et environnementales (RSE) sont désormais une exigence de caractère stratégique. Les initiatives seront multiples et collectives : Mécénat de compétences, actions déconnectées du busines habituel…., et elles favoriserons l’engagement individuel. L’engagement sociétal contribuera fortement à la santé de l’entreprise en aidant la croissance et ouverture de nouveaux marchés, limitation des risques (dans une entreprise on ne fait pas n’importe quoi….), et en soutenant la loyauté des collaborateurs et des clients….

Le leader durable sait s’engager et favoriser l’engagement sociétal qui bien compris, facilitera la flexibilité de l’entreprise.

Donner du sens

La recherche du sens qui habite chacun d’entre nous, vit à l’heure d’Internet. Cette recherche, ne peut pas se contenter uniquement de discours. Les nouvelles générations en particulier ne s’engagent réellement que si elles trouvent du sens au projet de l’entreprise. Que si leurs valeurs sont alignées avec celles de l’entreprise. L’entreprise n’est guère plus capable de proposer une fierté d’appartenance, par contre l’adhésion à un projet semble encore possible. Réintroduire du « bon sens » et traiter les collaborateurs aussi bien que les clients semble une voie raisonnable et réaliste.

Le leader durable, propose des projets auxquels les collaborateurs et les clients peuvent être fiers d’adhérer.

Les pistes de réflexion proposées ici ne sont pas simples et ne changeront probablement pas totalement le pessimisme ambiant lié au « déficit d’avenir » en particulier pour les nouvelles générations. Tout ne peut pas changer tout de suite mais on peut espérer bousculer les habitudes, mobiliser les esprits et les intelligences, faire appel au bon sens et dépasser les intérêts particuliers, en pensant « collectif » et en agissant individuellement. Antoine de Saint Exupery a écrit cette très belle phrase : « Si la goutte d’eau refuse d’être une goutte d’eau il ne peut y avoir d’océan ; si le grain de sable refuse d’être un grain de sable il ne peut y avoir de désert ». Chacun à notre mesure, nous avons le pouvoir de faire changer les choses et la perception que nous en avons. La première étape est d’en prendre conscience.

 

(*) Cet article s’inspire largement de l’ouvrage collectif publié sous la direction de Philippe WATTIER : Les 7 clés du leadership aux éditions de l’archipel en décembre 2010.

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